Il fait un pauvre ciel de traîne et un peu de vent ce matin
Il est assis sur un caveau
Il embrasse la pierre tendrement
Il caresse le granit rose
Et place ses mains sur son coeur
Il se lève
Arrange deux ou trois rosiers qui débutent la pierre
Comme il le faisait
Avec les cheveux d'une maman paralysée
Une dame âgée passe dans l'allée 14
Avec un petit pot de fleurs qu'elle porte sur le côté
Elle se recoiffe discrètement
Du muguet pousse à travers les roses
Il revient s'asseoir
Embrasse la pierre de nouveau
Un peu d'eau se mélange aux odeurs clochettes de son enfance
Qui étaient trésors naguère
Dans ses boîtes à joujoux
Il essuie le marbre et se lève
S'en va
Et ralentit
Se retourne et tend la main droite
Comme le garçon qu'il était
Et qui oubliait un instant
Qu'une maman cardiaque ça ne marche pas vite
Il tourne doucement la tête à gauche à droite ailleurs
" Mon Dieu c'est pas possible!"
Il repart
En ne sachant que faire de cette main
Qui a perdu son sens qui a perdu tout sens qui a perdu ton sang
