Divers avec affection

Vendredi 17 octobre 2008 5 17 /10 /2008 02:42

Il fait un pauvre ciel de traîne et un peu de vent ce matin

Il est assis sur un caveau

Il embrasse la pierre tendrement

Il caresse le granit rose

Et place ses mains sur son coeur

 

Il se lève

Arrange deux ou trois rosiers qui débutent la pierre

Comme il le faisait

Avec les cheveux d'une maman paralysée

 

Une dame âgée passe dans l'allée 14

Avec un petit pot de fleurs qu'elle porte sur le côté

Elle se recoiffe discrètement

 

Du muguet pousse à travers les roses

 

Il revient s'asseoir

Embrasse la pierre de nouveau

Un peu d'eau se mélange aux odeurs clochettes de son enfance

Qui étaient trésors naguère

Dans ses boîtes à joujoux

 

Il essuie le marbre et se lève

S'en va

Et ralentit

Se retourne et tend la main droite

Comme le garçon qu'il était

Et qui oubliait un instant

Qu'une maman cardiaque ça ne marche pas vite

 

Il tourne doucement la tête à gauche à droite ailleurs

" Mon Dieu c'est pas possible!"

 

Il repart

En ne sachant que faire de cette main

Qui a perdu son sens qui a perdu tout sens qui a perdu ton sang

Par jean pierre jacquet - Publié dans : Divers avec affection
Samedi 24 mai 2008 6 24 /05 /2008 10:40

Sur l’eau des Odyssées adorée par les dieux
Légère dans sa nage une fille de Corse
Tout bouquet de maquis aux plus sauvages yeux
Se mélange à ce fort  grec et liquide torse
 

Le dauphin amoureux et la gorgone en feu
S’inventent l’aventure avec ses douces formes
Poséidon revit en oubliant un peu
L’éternelle korê immergée dans la norme
 

La montre de gousset s’ouvre dans la baie bleue
Percée par les rayons aux si beaux ronds de grâce
Coquille maintenant tu sais nacrer tes cieux
Ayant vu l’absolu des êtres sans cuirasse


Pour toi fillette en plage demain sera heureux !
Une lame très tendre énuclée la prunelle
Et cache l’opercule en un pur lit sableux
L’œil de Sainte-Lucie décalque de la Belle



Par jean pierre jacquet - Publié dans : Divers avec affection
Jeudi 15 mai 2008 4 15 /05 /2008 18:08

Pourquoi les nuits de pluie je vois la fin de vie
D'un visage d'enfant que les nazis emportent ?
Sera-t-elle sauvée ou bien est-elle morte ?
Une petite a peur C'était à Varsovie

On tend les bras au ciel où TU n'étais pas là !
Des rangs de pauvres gens défilent dans les rues
Sous la menace brune et forte des verrues
Ça s'enlève jamais ces fusils de soldat !

Dans les yeux de l'enfant mille et une questions :
Ma peluche où est-elle ? Où allons-nous Maman ?
Pourquoi en plein été je vêts cinq vêtements ?
J'aurai la moyenne à ma décomposition ?

Ce visage de l'autre en moi toujours se cloue
La rencontre se fait sur les photos aryennes
Et ces matins je trouve en mémoire sans haine
Une étoile qui sèche en un fleuve de boue

 

 

 



Par jean pierre jacquet - Publié dans : Divers avec affection
Jeudi 15 mai 2008 4 15 /05 /2008 18:06

Pardonne-moi Maman de frapper à ta porte
Je multiplie encor tous tes travaux par douze
Et tous mes cafés chauds te font des doigts de blues
Toi que je tue sans cesse un jour tu seras morte

L'anamnèse s'éteint mon Dieu que ta porte est
Maintenant dessous moi lourde et trop loin l'été
Chante le rouge-gorge était-ce de ta faute
Si cette nuit mes draps avaient du bois les cottes

Je veux dormir ici pour toujours partager
Les battements d'un coeur dans ton sommeil plongé
Et mon désespoir vert avec le soir augmente
Ton souvenir lui donne une douceur de menthe

Bientôt je rejoindrai un de ces lieux d'en-bas
Ne suis-je pas déjà au triste état d'abats
Préparez-moi la barque et gonflez les zéphires
Soleil passe mon ombre et chauffe le porphyre

Par jean pierre jacquet - Publié dans : Divers avec affection
 
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